Les dangers cachés de la monoculture

La monoculture est une pratique agricole qui consiste à cultiver un seul type de plante sur une parcelle de terre. Alias les magnifiques champs d’ananas, de pastèque ou melon, visibles depuis la route en allant sur Saint-François… Oops je m’égare ! Cette pratique présente 4 grands avantages pour les agriculteurs :

Un profit maximum

En plantant un seul type de culture sur plusieurs hectares, les agriculteurs peuvent bénéficier d’une production en masse. Ce qui entraîne des économies d’échelles et une augmentation des profits. Voilà pourquoi nous avons vu fleurir, au cours des dernières décennies, des champs entiers de bananes, destinés à l’exportation vers la France occidentale.

Ceci dit, je me demande pourquoi les bananes estampillées “Bananes de Guadeloupe et Martinique” vendues au supermarché en France hexagonale sont magnifiques comparées à celles qui sont vendues sous nos marchés locaux en Guadeloupe… Mais je garde ça au chaud pour une discussion entre nous 😉…

Simplicité d'exploitation

La monoculture simplifie les processus de production. En plantant que des ananas par exemple, toute la récolte se fera en même temps. Les soins à apporter à la culture sont les mêmes et les risques de maladies sont connus et maîtrisés… Cela facilite la gestion de l’exploitation agricole.

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Nos magnifiques ananas pays…

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Les champs de canne à sucre…

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Ce fruit si doux et sucré, le melon…

Accessibilité à la main d'oeuvre spécialisée

La spécialisation dans la culture d’un seul produit peut attirer une main-d’œuvre spécialisée pour aider à la production. Et puis nos traditionnels “Koudmen” arrangés dans les champs le dimanche à l’aube, sont une tradition à faire perdurer ☺️

Facilité de commercialisation

La production en masse d’un seul produit facilite grandement les activités de marketing et de vente, permettant aux agriculteurs d’atteindre un plus grand nombre de consommateurs et donc, maximiser leur rentabilité. Qui va leur en vouloir ? Ils ont aussi une famille à nourrir…

 

Cependant, il est important de noter que la monoculture peut également entraîner des conséquences négatives pour l’environnement et la biodiversité, ainsi que pour la sécurité alimentaire à long terme.

L'ignorance est la plus grande des servitudes !

La biodiversité en danger ?

Tout d’abord, la monoculture peut tuer la biodiversité. En effet, en cultivant un seul type de plante, les agriculteurs limitent la variété des espèces présentes dans leur champ. Cela peut avoir des conséquences négatives sur l’écosystème, car les espèces qui ne sont pas présentes ne peuvent pas profiter des avantages que leur offre cet environnement.

C’est l’une des raisons qui peut conduire les agriculteurs à avoir recours aux pesticides et divers répulsif chimiques.

Sur un champ d’ananas, par exemple, les nuisibles censés attaquer ce fruit, n’ont aucun prédateurs. Ils se multiplient donc à outrance et menacent la récolte à venir…

Chaque plante attire un type de prédateur différent. En mélangeant les plantes sur une culture, ont attire différents types de prédateurs. Tous ces prédateurs se retrouvent donc sur le même champs et s’attaquent entre eux. Cela crée un équilibre qui préserve la plantation, nourrit le sol et contribue au cycle de la vie.

Nos terres menacées ?

La monoculture est synonyme de dégradation des sols. En cultivant un seul type de plante, les agriculteurs ne peuvent pas bénéficier des avantages que leur offrent les cultures diversifiées. Par exemple, cultiver différents types de plante dans une même exploitation aide à maintenir la fertilité des sols en fournissant des nutriments, utiles à nourrir le sol et maintenir sa richesse nutritive pour les plantes. Sans cette “nourriture” naturelle, les agriculteurs se retrouvent obligés d’alimenter les sols en engrais et en terreau. La biodiversité des cultures permet également d’améliorer la structure des sols sans avoir a y importer des éléments “étranger” (roches, calcaire, argile…)

Sujet aux bactéries et virus...

La monoculture peut entraîner une plus grande vulnérabilité aux maladies et aux ravageurs. En cultivant un seul type de plante, les agriculteurs sont plus susceptibles de subir des dommages causés par des maladies et des ravageurs qui sont spécifiques à cette plante. Là encore, aucune autre plante ne peut jouer le rôle d’appâts, de protecteur ou de répulsif contre les nuisibles attaquant la dite plantation.

Alors ? Choix conscient ou choix payant...

En conclusion, la monoculture peut être bénéfique pour les agriculteurs, mais elle présente également de nombreux dangers pour la pérennité du sol et notre santé.

Il est donc important que les agriculteurs en soient conscient et fasse un choix santé. Cela ne sera pas forcément synonyme de baisse de chiffre. Au contraire, une culture variée peut induire une diminution des dépenses d’entretien de l’exploitation car la bio diversité aurait une tendance auto-régulatrice.

La monoculture, pratique devenue plutôt courante pour les agriculteurs, repose finalement plus sur la productivité et la rentabilité que sur l’intérêt de mieux alimenter la population. Nos agriculteurs, oppressés par un système exigeant toujours plus de productivité, ne sont pas forcément les premiers à pointer du doigt, même s’ils restent responsable de leurs actions.

Force est de constater, une fois de plus, que les pratiques mises en avant par les acteurs du commerce sont dirigés par le profit, plus que par la santé publique… 

On s’interrogerait presque sur le soudain intérêt du gouvernement pour notre santé lors de la vague “Covid-19″… Mais je n’ai rien dit surtout !

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